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French Association for American Studies annual meeting 2013 Angers, France, 22-26 May 2013. Panel on "Religion, Spirituality, and the Politicization of Sexualities in the United States." Chair: Guillaume may be in French or English. This CFP addresses historians, sociologists, and political scientists. NB: papers should be about the United States or North America.
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Religion, Spirituality, and the Politicization of Sexualities
Guillaume Marche (Université Paris-Est Créteil/IMAGER)
The politicization of religion and sexuality has been an important issue in the United States, especially since the 1980s and the religious Right’s intrusion into debates on sexual liberation, reproductive rights, and the recognition of homosexuality. The politicization of sexualities, however, is not exclusive to Christian conservatives, or to the late twentieth and early twenty first centuries. Religious organizations have held public stances on the regulation of sexual practices ever since the origins of the United States—for example during the colonial period, when there was often hardly any separation between the political and religious authorities, but also at times when the link between politics and religion was less direct, such as the late nineteenth century. It would also be inaccurate to consider that religion and spirituality have always had a conservative or regressive influence on opinions about sexuality, as shown by theologian Reinhold Niebuhr’s liberal views on birth control. Additionally, since the end of the twentieth century, several alternative spiritual movements have regarded the pursuit of non-traditional—non-heterosexual, non-monogamous—sexual fulfillment as an authentic and appropriate path to transcendence. Some of these movements are inspired from pagan or shamanic practices borrowed from Native American religions, and more generally from non-Western spiritual traditions.
Raising sexual morality as a political issue is often seen as a tactic meant to avoid the discussion of “real” political questions—namely socioeconomic issues, as though the two were totally unrelated ; likewise, does raising religious or spiritual questions about sexuality preclude the discussion of “real” sexual questions, such as women’s access to abortion and contraception, or the recognition of LGBT rights ? For example, various churches, Episcopal in particular, are divided on the issue of the ordination of homosexual priests and bishops : does this draw public attention away from issues of equal rights for LGBT people, whether they are Episcopalians, Christians, or religious at all ? Or is this religious debate an opportunity to advance the cause of LGBT rights in society as a whole ? In other words, can spirituality help frame the politicization of sexuality in ways that a political rationale alone cannot achieve ? The part played by religious organizations in public debates on sexuality thus raises important issues related to the role of emotions in social movements. On the contrary, should religiously motivated moral conservatism be regarded as a form of irrationality, or as a highly rational form of political strategy ?
We should therefore wonder whether sexuality related issues help us distinguish between the political influence of organized religions and that of more individualized, sometimes even less explicitly religious forms of spirituality. This question is an opportunity to look into the interactions between the form (both organizational and strategic) and meaning of political action : Does the transcendence involved in the relationship between religion, spirituality, and the politicization of sexualities point to the political importance of symbolical issues ? Does resorting to religion signify a rejection or a reinterpretation of politics ? In other words, have the traditional usages of politics become irrelevant, or does spirituality suggest that purely instrumental goals alone cannot assume the totality of political meaning ? How should we interpret the mixture of mimicry and competition that characterizes the relationship between religious conservatism and sexual progressivism or radicalism ?
These questions may be addressed through the lens of history, sociology, or political science. Case studies may be taken from various historical periods—from pre-colonial times to the present—and need not be limited to Christianity, or to the three monotheistic faiths, or even to organized religions.
Paper submissions should be sent to Guillaume Marche by December 15, 2012.
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Religion, spiritualité et politisation des sexualités
Guillaume Marche (Université Paris-Est Créteil/IMAGER)
Il est beaucoup question aux États-Unis, depuis les années 1980 en particulier, de la politisation de la religion et de la sexualité, et notamment des intrusions de la droite chrétienne dans les débats sur la libération sexuelle, les droits reproductifs ou la reconnaissance de l’homosexualité. L’influence des religions sur la politisation des sexualités n’est cependant ni spécifique des chrétiens conservateurs, ni de la fin du XXe et du début du XXIe siècles. Les organisations religieuses s’invitent aux débats sur la réglementation des pratiques sexuelles depuis les origines des États-Unis, que ce soit durant la période coloniale, où pouvoirs politique et religieux étaient souvent à peine dissociés, mais aussi à des époques où l’imbrication du politique et du religieux était moins directe, comme par exemple lors de la période réformiste de la fin du XIXe siècle. Il serait de même simpliste d’affirmer que religion et spiritualité ont toujours constitué en matière sexuelle un facteur de conservatisme, voire de régression, comme le montrent par exemple les positions libérales du théologien Reinhold Niebuhr sur le contrôle des naissances. Depuis la fin du XXe siècle, de surcroît, nombre de courants spirituels alternatifs conçoivent des formes d’épanouissement sexuel les plus éloignées du modèle traditionnel – hétérosexuel et monogame – comme une voie authentique et adéquate d’accès à la transcendance. Ces courants se réclament parfois, en outre, de pratiques païennes ou chamaniques héritées des religions amérindiennes ou, plus généralement, de traditions spirituelles non occidentales.
De même que les questions de morale sexuelle sont fréquemment présentées comme des filtres tactiques interdisant un débat sur les « vraies » questions politiques – à savoir les problèmes socioéconomiques, comme si les deux types d’enjeux étaient entièrement disjoints – on peut se demander si l’élément religieux ou spirituel fait à son tour écran aux « vraies » questions sexuelles que sont, par exemple, le libre accès des femmes à la contraception et à l’avortement, ou la reconnaissance des droits des personnes LGBT. La question se pose, par exemple, à propos du débat au sein de diverses Églises, épiscopalienne en particulier, sur l’ordination de prêtres et d’évêques ouvertement homosexuels : cette question masque-t-elle les enjeux d’égalité des droits tels qu’ils se posent effectivement à l’ensemble des personnes LGBT, qu’elles soient ou non épiscopaliennes, chrétiennes, ou même fidèles de quelque religion que ce soit ? Ou bien ce débat dans le champ religieux est-il l’occasion de convoquer des considérations spirituelles susceptibles de faire avancer cette cause dans l’ensemble de la société ? En clair, la spiritualité peut-elle en matière de politisation des sexualités ce que la seule raison politique ne saurait accomplir ? Autrement dit, la place des religions dans les débats sur les sexualités soulève des questions importantes relatives notamment au rôle des émotions dans les mouvements sociaux. A contrario, en effet, faut-il considérer les positions conservatrices motivées par la religion comme l’expression d’une forme d’irrationalité, ou au contraire comme des stratégies fortement empreintes de rationalité politique ?
La question des sexualités nous permet-elle donc de distinguer l’influence politique des religions organisées de celle de spiritualités ou de sentiments religieux plus individualisés, voire diffus ? Il y a là un angle d’approche qui nous amène à nous interroger sur la manière dont s’articulent les formes (organisationnelles et stratégiques) et le sens de l’action politique : dans quelle mesure le rapport entre religion, spiritualité et politisation des sexualités montre-t-il, par la transcendance, la pertinence politique des enjeux symboliques ? Le recours à la religion est-il nécessairement un retrait hors du politique signalant que les usages ordinaires de la politique ne remplissent plus leur office, ou bien la spiritualité montre-t-elle que les seuls intérêts instrumentaux ne peuvent suffire à rendre compte du sens politique ? Comment faut-il interpréter le mélange de mimétisme et de concurrence qui caractérise le rapport entre conservatisme religieux et progressisme ou radicalisme sexuel ?
Ces enjeux pourront être traités à l’aide de l’histoire, de la sociologie ou de la science politique, à travers des exemples tirés d’époques diverses – de la période précoloniale à l’actualité la plus récente – et ne se limitant pas au christianisme, ni même aux trois monothéismes ou aux religions organisées.
Les propositions de communication sont à envoyer d’ici au 15 décembre 2012 à Guillaume Marche .
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