|
Appel de communications
LA RUSE,ENTRE LA RÈGLE ET LA TRICHE
Sous la direction de :
Charles Perraton (Département de Communication sociale et publique, UQAM)et Maude Bonenfant (Doctorat en sémiologie, UQAM)
Colloque organisé conjointement par le Gerse (Groupe d’étude sur la sémiotique des espaces) et Homo Ludens (Groupe de recherche sur les jeux vidéo), dans le cadre du 78e Congrès de l'ACFAS, du 10 au 14 mai 2010, à l’Université de Montréal.
Problématique:
La ruse fait-elle preuve d’astuce, de finesse, d’habileté et d’ingéniosité (Ulysse, la Mètis) ou ne constitue-t-elle pas un aveu de faiblesse (Le Sophiste) ? Pour penser la triche, faut-il la rapporter à la règle ou à la norme ? Pour qualifier les pratiques, et ainsi distinguer entre ce qui est de l’ordre de la ruse et ce qui relève plutôt de la triche, faut-il porter un jugement ? En effet, alors que la ruse se fait en respect des règles, la triche se fait dans leur transgression. Les pressés et les ambitieux trouvent les raisons pour transgresser les règles du jeu. Mais le tricheur est-il celui qui se fait prendre, ou aussi celui qui sait jouer avec (et contre) le règle sans être pris ? La ruse se distingue-t-elle de la triche du seul fait qu’elle est autorisée, alors que la triche ne l’est pas ? Considérons cette idée que les forces de liberté ne dépendent pas tant de l’individu, que du travail de déplacement qu’il exerce sur les règles du jeu (Certeau, 1980).
Une telle assertion n’est pas sans conséquences ni sans risques. Pour celui qui agit dans son intérêt, il y a en effet le risque qu’il transgresse les règles du jeu avec la conviction d’agir en toute légalité, pour autant qu’il se croit dans son droit. Pour plusieurs, jouer avec les règles fait partie du jeu. Pourquoi respecteraient-ils la règle s’ils n’en comprennent pas l’utilité, si elle ne leur permet pas de progresser à leur rythme ? La ruse n’est pas le monopole des individus. Pour le pouvoir, elle consiste à mieux cerner les individus dans leur vie, à les surveiller et les contrôler sans leur donner l’impression d’être sous observation, ce qui s’obtient grâce aux technologies de contrôle qui incitent à l’aveu, à la transparence et à la visibilité (Stiegler, 2006). La liberté de l’individu consistera dès lors à résister au « modelage de lui-même » (Foucault, 1976 et 1982).
Ce colloque vise la compréhension des modalités actuelles de la ruse et de la tricherie, leur sens pour les individus et pour la société ainsi que leurs formes d’actualisation (dans le jeu, dans le milieu des affaires, dans les relations interpersonelles, dans le sport, en sciences, à l’école, etc.). Plutôt que de se limiter à la simple description du phénomène, l’intérêt consiste à étudier ces manifestations sous le rapport éthique et esthétique. Toutes les disciplines sont invitées à participer à ce colloque.
Comment s’inscrire?
Les personnes intéressées à participer à ce colloque doivent soumettre un projet de communication traitant du thème présenté plus haut avant le 8 février 2010 (max. 1500 caractères, espaces compris), ainsi qu’une courte notice biographique. Les communications sont d’une durée maximale de 20 minutes et sont suivies d’une période de questions de 10 minutes. Le tout devra être envoyé par courrier électronique à :
ruse.regle.triche@gmail.com
Maude Bonenfant, Coordonnatrice d’Homo Ludens
Université du Québec à Montréal
Case postale 8888, succursale Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3P8 Canada
Tél.: (514) 987-3000 # 6883
|