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Pseudologie. Études sur la fausseté dans la langue et dans la pensée
| Call for Papers Date: | 2009-05-31 (Archive) |
| Date Submitted: |
2008-10-20 |
| Announcement ID: |
164692 |
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Pour les puristes n'existerait qu'une seule et unique façon de pratiquer la philologie : celle, traditionnelle, rigoureuse et parfois austère, de l’étude (multiforme) des textes transmis par l’Antiquité. Ce labeur ne s’embarrasse d’aucun verbiage et se méfie des entreprises de théorisation extérieures à la philologie. Depuis quelques décennies pourtant (sous l’impulsion de Michel Foucault notamment), une orientation parallèle se dessine, qui confère au terme philologie une acception large, plus ou moins gauchie par rapport au sens postulé originel et authentique. Cette tendance est particulièrement vivace aujourd’hui dans le monde anglo-saxon et germanique, à côté de la philologie traditionnelle qui maintient ses pratiques et ses droits. À y regarder de près, cette piste herméneutique (entendue au sens le plus large, parfois fourre-tout) plonge ses racines dans la genèse même de la philologie. Sa généalogie fait apparaître une double tradition : philosophico-poétique (de Platon à Heidegger, de Foucault aux néo-herméneutes d’aujourd’hui) d’une part, exégético-grammaticale de l’autre (avec pour premiers représentants les grammairiens grecs). Si l’une met en avant le sens au croisement de la sémiologie, de la philosophie et de la poésie, autrement dit l’esprit, l’autre privilégie la lettre, donc la matérialité des textes et des mots. Pour les puristes, la première orientation serait une pseudologie (une autre façon de nommer ce que Jacques Bouveresse appelle les « prodiges et vertiges de l’analogie »), la seconde seule étant admise comme orthodoxe et praticable. Chronologiquement, les deux sont concomitantes, et selon le cas, l’époque ou l’individu, c’est l’une ou l’autre qui se trouve privilégiée. Chacune est « poétique » par excès et par défaut : créatrice de sens, d’interprétation, de diverses possibilités épistémiques surtout, reposant sur une interprétation variable de la lettre et de l’esprit. Entre extension terminologique et dérive épistémologique, la notion de pseudologie dénote les risques, les pièges et les non-dits d’une pratique Janus dont les partis pris ne sont pas toujours innocents. Elle s'étend plus largement à tout usage « flou », et parfois sciemment abusif (inférence, paralogisme, analogie, paradoxe, nébuleuse conceptuelle, approximation terminologique), de la langue, du savoir et de la pensée, jusqu'au dévoiement de ces derniers en contrevérité, dogme ou idéologie.
Les contributeurs de ce volume sont invités à interroger les formes diverses que revêt la pseudologie dans les champs théoriques de la philosophie, de l'épistémologie et de la linguistique/stylistique/philologie, autant que dans les domaines pratiques (science, érudition, rhétorique, enseignement, usage de la langue, etc.) auxquels elle s'applique.
Titre et résumé à envoyer avant le 31 mai 2009.
Texte de l'article à remettre au plus tard en décembre 2010.
Parution en 2011. Volume de 300 pages environ.
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