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Invitation à participer à la réalisation d'un ouvrage collectif de 400 pages environ (parution en 2011) intitulé Mésavoirs. Études sur la (dé)formation par la transmission.
L’enseignant ordinaire n’est ni un savant ni un penseur ; du savoir qu’il transmet, élaboré par d’autres que lui, il ne maîtrise qu’imparfaitement les implicites et l’énonciation. La qualité (pragmatique et intellectuelle) du geste pédagogique est donc tributaire de l’appropriation organique des contenus par le transmetteur. La transmission juste suppose la capacité de partager un savoir incarné. Et l’imprécision attachée à la mauvaise appropriation d’un savoir non incarné risque de l’entraver. Quelle (non-)pensée et quel (mé)savoir transmet le pédagogue qui reste à l’extérieur de son sujet ? Autrement dit, si l’à-peu-près ou le mal compris s’interpose entre le pédagogue et le savoir réduit au statut non substantiel d’objet, la transmission devient aisément synonyme de déformation. Si (tous) les penseurs ne sont pas forcément de bons pédagogues, (tous) les pédagogues ne sont pas forcément bons parce qu’ils ne sont pas des penseurs… L’école (au sens le plus large, c’est-à-dire l’institution scolaire et universitaire) forme-t-elle ou déforme-t-elle ? Les contributeurs de ce volume sont invités à étudier les nombreux aspects de la dé-formation induite par l’interface que représente la transmission institutionnalisée : de quelle nature est le savoir « scolaire », et quelles formes (plus ou moins conscientes) d’ignorance en découlent. Des sources diverses viendront étayer leur propos : archives (émanant de tous les acteurs de la vie de la pensée), récits (auto)biographiques (d’anciens élèves, de pédagogues, ou autres), traités des études (de toutes les époques), défenses et illustrations de la pédagogie par des théoriciens et/ou des praticiens, etc. Leurs réflexions aideront à définir ce que (et pourquoi) l’école ne permet pas de comprendre, et l’extériorité désincarnée à laquelle elle réduit parfois le savoir et la pensée.
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