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Policing and police knowledge (18th and 19th century) : Southern Europe and colonial empires (Latin America), June 6th and 7th 2008
| Location: | France |
| Call for Papers Date: | 2008-02-25 (Archive) |
| Date Submitted: |
2008-01-20 |
| Announcement ID: |
160448 |
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Les journées d’études qui se tiendront à la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (Aix-en-Provence) les 6 et 7 juin 2008 ont pour objectif de rassembler des historiens qui ont conduit des recherches sur les polices de l’Europe méridionale (France du sud, Espagne, Italie, Grèce, Portugal), autour de questions relatives aux réformes institutionnelles engagées à partir du XVIIIe siècle et à la genèse des polices modernes, à la formation des savoirs policiers (entre pratiques de terrain et pratiques de bureau) et à la circulation de projets, de propositions et de techniques dans ces espaces européens comme dans leurs possessions coloniales, afin de questionner les modalités de transfert et d’adaptation des systèmes d’encadrement des hommes et des territoires.
En effet, l’histoire des polices, au moment où celles-ci s’autonomisent de la justice et de l’administration générale, s’est considérablement renouvelée depuis une quinzaine d’années : l’approche traditionnellement institutionnelle et juridique s’est enrichie d’une réflexion sur les pratiques sociales, les cultures administratives, les écritures policières, ou encore les métiers de police et les processus de professionnalisation. Dans ce contexte historiographique, la rencontre « Polices et savoirs policiers » a une double ambition. D’une part, éclairer notre connaissance des savoirs policiers, tels qu’ils se construisent et se structurent dans ce moment d’intense réorganisation des systèmes de police. On entendra par « savoirs policiers » l’ensemble des connaissances, et des outils propres à la constitution de ces connaissances, considérés par les contemporains comme nécessaires à l’exercice d’une « bonne police » (techniques d’identification, tenue et organisation des registres et des fichiers, pratiques d’écriture, savoirs topographiques et spatiaux, etc.). On s’interrogera sur les modalités d’apprentissage, sur le poids des expériences, sur les processus de formalisation des savoirs pratiques, sur l’adaptation policière de techniques éprouvées dans d’autres branches de l’administration ou, a contrario, sur la diffusion de savoirs élaborés au sein des polices dans d’autres domaines. D’autre part, afin de dépasser les approches locales ou nationales, on s’intéressera aux multiples indices, à travers l’espace européen méridional, d’une circulation des « modèles » et des savoirs policiers en cours d’élaboration ; une circulation soutenue par la diffusion des textes (copies, rééditions, traductions, etc.) et par la mobilité des hommes (diplomates, administrateurs, etc.). On cherchera à identifier les influences, les références étrangères (y compris négatives) qui participent à la construction des différents appareils de police des capitales ou des principautés. Une telle démarche part de l’hypothèse que les modèles métropolitains de police ne sont pas réductibles aux seules traditions locales ou nationales. S’ils s’élaborent bien dans des contextes socio-administratifs locaux contraignants, ils se construisent aussi à partir de réflexions formulées sur des expériences étrangères grâce à la diffusion d’une information, à évaluer, les concernant. Aussi, le poids du référent parisien doit-il être pesé à l’aune d’autres modèles policiers qui rayonnent également dans l’Europe du Sud (réformes impulsées par exemple au XVIIIe siècle dans les territoires des Habsbourg qui, depuis Vienne, touchent divers états italiens, ou réforme madrilène de 1768 imposée à d’autres villes de l’Espagne et de l’Amérique, par exemple). Ces influences et transferts, promus par les gouvernements des États, s’ils tendent à l’européanisation des interrogations, ne doivent cependant pas occulter la résistance des formes autonomes de police locale, en particulier les polices municipales, qui maintiennent des pratiques policières traditionnelles, mais qui participent aussi, par des réformes ponctuelles et un souci d’information entre villes, aux circulations des techniques et des méthodes de police. Avec les conquêtes de la Révolution française, puis de l’Empire, la circulation s’accélère, dépassant les influences diffuses et les échanges professionnels. Les traditions policières françaises, plus ou moins régénérées, s’imposent aux pays rattachés et s’exportent dans les républiques-sœurs, produisant des phénomènes d’acculturation administrative, de rejet ou d’adaptation, qui restent encore peu étudiés. Après Waterloo, la réorganisation de l’Europe politique suscite une réorganisation des polices, dans laquelle le rejet affirmé de l’héritage révolutionnaire français cohabite parfois fort bien avec le maintien des usages développés entre 1795 et 1815. Au XIXe siècle, correspondances et échanges entre les diverses polices européennes se poursuivent, avec leurs phénomènes d’adaptation et d’hybridation, selon des modalités qui restent à étudier.
Les propositions de communication devront être adressées aux organisateurs (marin@mmsh.univ-aix.fr) avant le 25 février 2008 (un titre et un résumé d’une dizaine de lignes). Les communications pourront être présentées en français, anglais, italien et espagnol.
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Brigitte Marin, Professeur d’histoire moderne
MMSH/UMR Telemme, 5 rue du Château de l’Horloge BP 64
13094 Aix-en-Provence cedex 2
FRANCE Email: marin@mmsh.univ-aix.fr
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