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Appel à contribution
JOURNEES D'ETUDE
Le 3 et le 4 février 2006, des journées d'étude sur la question de L'AUTORITE ET DES PRATIQUES DE LEGITIMATION DU TRAVAIL DU CHERCHEUR sont organisées à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris). Ces journées de réflexion s’adressent aux chercheurs de toutes disciplines confondues et de toutes les institutions. Il est question d’aborder la discussion sous trois angles de vues différents. 1. Par le témoignage des chercheurs sur leurs pratiques de recherche et leurs manières d’« autoriser » leur travail.
2. Par une mise en relation de ces témoignages avec l’histoire plus générale des processus de légitimation au sein des disciplines.
3. Par une présentation des interprétations de plusieurs chercheurs sur un même objet défini à l’avance, pour une comparaison en temps réel des formules discursives et méthodologiques dont ils se servent pour étayer leur analyse.
PROBLEMATIQUE
L’université et les institutions savantes corollaires ont fondé et confirmé au cours du temps la légitimité de leur activité entre autres en affirmant leur qualité de gardiens de la vérité, présentant l’accession à cette dernière comme nécessaire à l’humanité. En effet, la recherche scientifique mène dans le meilleur des cas à une connaissance exacte et approfondie à caractère universel et objectif de la chose étudiée, à laquelle, par principe, le chercheur tente de parvenir, quel que soit son domaine d’étude, dans l’idée de contribuer au progrès de l’humanité sur les plans moral et technique.
L’hypothèse de départ consiste à penser que des mutations d’ordre social, politique et métaphysique au XXe siècle ont bouleversé le paysage scientifique au point de saper les fondements (généralement positivistes du XIXe siècle) sur lesquels le chercheur individuel s’appuyait, plus ou moins consciemment et rigoureusement, pour donner autorité à ses résultats et à ses développements analytiques. Au cours du siècle, les courants de pensée, les méthodes d’approche et les objets d’analyse se sont diversifiés au sein même des disciplines, qui se sont par ailleurs renouvelées, démultipliées, fractionnées ou éteintes. L’apparition de nouvelles technologies est venue révolutionner les pratiques de la communauté scientifique, accompagnées de questions sur leur propension à atteindre des résultats objectifs. De ces événements, il ressort une conscience épistémologique accrue, pénétrant les textes des chercheurs, entourant les résultats de leur recherche d’un ensemble de circonvolutions discursives et méthodologiques, parfois au point où l’intérêt pour la méthode prend le pas sur celui de l’objet d’étude. Deux questions se posent. Premièrement, de quelles stratégies discursives et politiques, de quelles méthodes d’approche et fondements épistémologiques le chercheur se sert-il pour convaincre son auditoire de la véracité de ses analyses et conclusions ? Deuxièmement, ont-elles changé au sein de ce monde en mutation et comment ?
Dans un premier temps, cet appel à contributions s’adresse aux chercheurs qui exposeront le cheminement de leurs investigations scientifiques.
Il s’agira d’entendre les intervenants sur la manière dont ils pratiquent concrètement leur recherche à l’heure actuelle et comment leurs résultats sont légitimés par des modes discursifs et méthodologiques, des contextes de production et de réception, permettant d’« autoriser » leurs interprétations. L’objectif est de donner la parole à des chercheurs confirmés et débutants. Ils présenteront leur aisance ou difficulté à faire valider leurs analyses sur leur propre terrain d’étude, quel qu’il soit, en s’appuyant par exemple sur les questions suivantes :
- La méthodologie : en quoi les nouvelles technologies donnent-elles plus d’autorité aux résultats, comparées aux méthodologies plus anciennes ? Quelles méthodes sont validées, par qui et pourquoi ?
- Les modalités du travail en équipe : comment travaille-t-on ensemble sur un même sujet, par exemple, dans une étude pluridisciplinaire ? Qui se porte garant des résultats au sein d’une équipe et comment ?
- La recherche pluridisciplinaire : comment aborde-t-on une étude pluridisciplinaire seul ? quelle crédibilité le chercheur peut-il acquérir lorsqu’il effectue une recherche pluridisciplinaire dans des matières pour lesquelles il n’a pas suivi le cursus d’étude complet ? Quelles conditions faut-il remplir pour être un spécialiste dans une matière ?
- Les disciplines récentes et les sujets actuels ou inhabituels : par quels processus de justification autorise-t-on une étude dans une discipline récente, par exemple les études cinématographiques ou psychanalytiques ? Doit-on, et comment, justifier différemment un objet d’étude actuel ou inhabituel de son corollaire plus traditionnel ?
- Objectivité et subjectivité : dans toutes les matières, en quoi certaines méthodes, plus que d’autres, portent le sceau de l’objectivité ? En sociologie, par quels moyens le chercheur défend-il un discours général, par exemple sur un groupe sociologique, à partir de propos recueillis chez un échantillon de population ?
- Les distinctions hiérarchiques : quelle importance requiert l’échelon hiérarchique et l’institution du chercheur dans le processus d’« autorisation » ?
- La transmission : les stratégies discursives d’« autorisation » changent-elles, et comment, selon le public auquel on destine son propos ?
MODALITES D'INSCRIPTION
Les propositions de communication ne doivent pas dépasser les 400 mots. Elles seront accompagnées d’une brève présentation du parcours de recherche effectué jusqu’ici (max. 200 mots), en spécifiant notamment les coordonnées complètes (incluant une adresse électronique), le domaine d’étude, l’université d’appartenance et le sujet de recherche actuel.
Les propositions de communications seront sélectionnées dans le courant de l’été. Les réponses seront envoyées au plus tard le 1er septembre 2005.
Comité scientifique
Anika Disse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris.
Colin Lemoine, Université de la Sorbonne, Paris-IV.
Thomas Parisot, Université de la Sorbonne, Paris-IV.
Organisation
Anika Disse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris.
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