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Globalisation, entreprises et identité européenne
Colloque international, MSH-Alpes, 3-4 mai 2002
Défi et opportunité, la globalisation de l’économie mondiale a eu pour conséquence le renforcement de l’intégration économique de l’Europe. Or si la convergence des indicateurs macro-économiques a été atteinte, celle des structures socio-économiques semble loin d’être réalisée. Dans le domaine des entreprises en particulier, l’Europe reste une Europe des nations. La formation de grandes entreprises trans-européennes, résultant de la fusion d’entreprises majeures de deux ou plusieurs pays européens, est souvent présentée comme une réponse aux défis de la globalisation. De telles fusions sont cependant restées rares : sil l’on excepte les pionniers (Royal Dutch Shell en 1906 et Unilever en 1929), on n’en compte guère qu’une demi-douzaine depuis la fin des années 1980 (ASEA Brown Boveri, AstraZeneca, Aventis, EADS, Corus, et Arcelor). Les cas de rachats d’entreprises par des concurrents étrangers sont plus nombreux, mais si l’on excepte la reprise de Mannesmann par Vodafone, il s’agit rarement d’entreprises de tout premier plan.
Comment expliquer ce particularisme national au sein du monde des grandes affaires ? Les obstacles à la formation de grands groupes européens sont de deux ordres. Le premier est de nature économique et concerne la taille et la structure du marché européen. Le second est de nature culturelle et a trait aux mentalités et aux cultures nationales d’entreprises. Le premier obstacle devrait être en partie levé avec la monnaie unique et la transparence des prix qui en résultera. Le second prosera plus de problèmes. Car s’il y a eu convergence depuis les années cinquante (taille, distribution sectorielle, stratégie et structure, secteurs de pointe), les spécificités nationales sont restées nombreuses (gouvernement d’entreprise, formation et recrutement des dirigeants patronaux, cultures d’entreprises, motivation des entrepreneurs, attitude face aux risques et autres).
C’est toute la question de l’identité européenne des entreprises –réalité ou fiction, atout ou handicap?– que ce colloque se propose d’aborder dans une perspective historique, comparative et interdisciplinaire.
Programme :
Vendredi 3 mai
9h.-12h.30
Youssef Cassis (UPMF Grenoble) : “Les entreprises européennes au vingtième siècle: convergences et divergences”
Eric Bussière (Paris IV) : “Les milieux économiques face à l’idée européenne depuis les années 1920”
Matthias Kipping (Pompeu Fabra Barcelona) : “The convergence of management practices in Europe: towards a global model?”
Richard Whittington (Oxford) : “European corporate convergence: levels and depth”
14h.-18h.
Geoffrey Owen (London School of Economics) : “The performance of European high-technology industries since the Second World War”
Anne Dalmasso (UPMF Grenoble) : “The Electricity industry”
Xavier Long (UPMF Grenoble) : “The Glass industry”
Patrick Fridenson (EHESS, Paris) : “Les constructeurs automobiles européens entre l’Europe et l’Amérique”
Stefano Battilossi (Carlos III Madrid): “The Banking sector”
Samedi 4 mai
10h.-12h.
Table Ronde et discussion générale avec la participation de Michel Albouy (UPMF Grenoble), Bernard Baylac (ST Microelectronics), Robert Boyce (London School of Economics), Graham Button (Rank Xerox Research Laboratory), Almorò Rubin de Cervin (DG Entreprise, Commission Européenne), Japp Winter (Unilever).
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