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APPEL DE COMMUNICATIONS
" LA RÉGULATION SOCIALE ENTRE L'ACTEUR ET L'INSTITUTION
POUR UNE PROBLÉMATIQUE HISTORIQUE DE L'INTERACTION "
COLLOQUE INTERNATIONAL ORGANISÉ PAR LE
CENTRE D'HISTOIRE DES RÉGULATIONS SOCIALES
MONTRÉAL, PRINTEMPS 2003
L'analyse historique des techniques de maintien de l'ordre et de disciplinarisation, des modes de gestion de la pauvreté et des inégalités, des instances de résolution des différents problèmes sociaux a subi depuis quelques années des inflexions majeures. Ce vaste champ de recherche, naguère dominé par la notion de "contrôle social", a vu apparaître depuis une vingtaine d'années toute une série d'études insistant plutôt sur la dynamique des acteurs, sur l'autonomie et les capacités de réaction et d'initiative des populations ciblées par les institutions dites de "contrôle social".
Dans ce contexte un écart de plus en plus grand s'est développé entre les chercheurs s'intéressant aux stratégies populaires, et ceux qui s'attachaient à étudier les institutions de prise en charge. Nous pensons qu'il est grand temps de franchir ce fossé et de proposer un dialogue scientifique constructif entre les tenants de ces différentes perspectives analytiques. Il en va d'une meilleure compréhension des modes historiques de régulation sociale permettant de penser la conjoncture actuelle. Trois dimensions du problème nous semblent particulièrement importantes:
- La dimension normative. La production, diffusion et application d'un ensemble normatif donné est au cœur des modes de prise en charge des problèmes sociaux, non seulement du côté de l'institutionnalisation de ces problèmes mais aussi du côté de l'acteur. De fait, il est important de réfléchir non seulement sur les conventions qui président à un mode donné de prise en charge, à la fois du côté des acteurs et de l'institution, mais aussi aux relations complexes et souvent contradictoires entre ces divers univers normatifs. En effet, la norme s'efforce d'immobiliser le temps sous ses injonctions formelles, de créer une régularité comportementale durable au sein de la temporalité des sociétés.
- La question du pouvoir. La notion de pouvoir, dans toute sa complexité, demande ici à être approfondie, ne serait-ce que pour mieux saisir le rapport (inégalitaire et multidirectionnel) présent au sein du développement des services sociaux, des programmes de santé et des politiques pénales. Il faut aussi interroger la réalité complexe des mesures sociales et des formes d'institutionnalisation. Ces dernières se présentent comme des instances de création d'infra pouvoirs mêlant inexorablement la pratique quotidienne au processus de reconstruction de la norme.
- La permanence du conflit. Toute tentative d'affronter les mille malheurs générés par une société inégalitaire, qu'elle soit issue des dominés ou des dominants, se réalise et se diffuse dans le conflit. Conflit évidemment entre les projets et attentes des réformateurs, instigateurs de politique, et ceux des populations qui en sont les cibles,. Mais conflit aussi au sein même des intervenants, familles pauvres, professionnels de l'intervention, direction et personnels des institutions, instances politiques et décisionnelles. L’omniprésence du facteur conflictuel donne à la régulation des problèmes sociaux sa richesse, son imprévisibilité et sa complexité.
Nous invitons tous ceux qui ont travaillé sur ces problématiques, selon des perspectives disciplinaires diverses, à venir participer à cet échange en nous proposant des thèmes pertinents d'exposés. Les thèmes permettant d'approfondir les questions ci-haut énoncées seront retenus. Le comité d'organisation a entrepris les démarches nécessaires de demande de subvention en vue de défrayer au moins une partie des coûts de déplacement et de logement des conférenciers et conférencières. Enfin, les actes du colloque feront l'objet d'une publication. Les contributions en anglais ou en français sont les bienvenues.
Toute proposition de communication devra comporter un titre, un résumé de 150 mots et un curriculum vitae abrégé de l'auteur. Elle devra être envoyée sous une des formes suivantes:
- Par courriel à chrs@uqam.ca
- Par courrier à Centre d'histoire des régulations sociales, Département d'histoire, Université du Québec à Montréal, CP 8888, Succursale Centre Ville, Montréal, Qc, Canada H3C 3P8
- Par fax au Centre d'histoire des régulations sociales 1-514-987-7813.
Note: Pour en savoir plus sur le Centre d’histoire des régulations sociales et le colloque, vous pouvez consulter notre site web à l’adresse suivante: http://www.unites.uqam.ca/chrs/. La programmation du colloque et les informations connexes seront affichées dans les mois qui viennent.
Agency and Institutions in Social Regulation
Towards an Historical Understanding of Their Interaction
An International Conference
Organized by the Centre d'histoire des régulations sociales
Université du Québec à Montréal, 22-23 May 2003
In recent years, there have been major shifts in the historical analysis of techniques for maintaining order and discipline, of approaches to managing poverty and inequality, and of the forms and forums for resolving various social problems. This vast field of research, formerly dominated by analysis in terms of “social control”, has seen in the last twenty years, a series of studies insisting on the importance of agency and the capacity for reaction and initiative on the part of those targeted by what were previously referred to as institutions of social control.
In this context, an increasingly wide gap has developed between two groups of scholars: those interested in popular strategies and those who study institutions of social regulation. We think that it is time to bridge this gap by proposing a constructive scholarly dialogue between those favoring different analytical perspectives. This will be an opportunity to gain a better understanding of the historical modes of social regulation and, consequently, a better understanding of the present-day situation. We find three dimensions of the problem to be particularly important:
- The Normative Dimension. The production, diffusion, and application of a particular set of norms lie at the heart of the modes of dealing with social problems. This is true of both the institutionalization of those problems and of individual behavior. In fact, it is important to reflect not only on the conventions that govern a certain approach to social problems, both from an institutional and individual perspective, but also on the complex and often contradictory relationships that develop between these various normative contexts. Generally, the norm aims to resist the passage of time through its formal conventions, by imposing standardized practices on societies that are otherwise in constant flux.
- The Question of Power. The notion of power, in all its complexity, needs to be redefined – if only to better understand the development of social services, healthcare services, and penal policies – as an unequal yet not altogether one-sided relationship. It is also necessary to question the complex reality of social measures, forms of institutionalization, and the creation of internal power structures which inexorably muddle day-to-day practice as well as the reconstruction of the norm in light of this practice.
- Ever-present Conflict. Any attempt to confront the innumerable misfortunes generated by a non-egalitarian society, whether initiated by the dominant or the dominated, is created and takes shape within conflict. Clearly, this is true of conflict between the projects and expectations of the reformers behind social interventions and those individuals who are the object of said reforms. But there is also the conflict within the ranks of reformers, poor families, administrators and personnel of institutions, related professionals, political authorities with decision-making responsibility, etc. These conflicts give the regulation of social problems its richness, its unpredictability, and its complexity.
We invite all those whose work addresses these questions, representing various disciplines and approaches, to participate in this exchange by proposing relevant papers to be presented at the conference. The proposals which best address the questions outlined above will be accepted. The organizing committee has taken the necessary steps to apply for funding in the hopes of subsidizing at least a portion of the travel and lodging expenses for those who will present papers. Finally, the papers presented at the conference will be published in a collection. Proposals in either English or French are welcome.
The conference will take place at the Université du Québec à Montréal on Thursday and Friday, 22-23 May, 2003.
All proposals for papers should include a title, a 150-word summary, and a brief curriculum vitae for the author. Proposals may be submitted in any of the following three ways:
- By email, to chrs@uqam.ca
- By mail, to Centre d'histoire des régulations sociales, Département d'histoire, Université du Québec à Montréal, C.P. 8888, Succursale Centre-Ville, Montréal, QC, Canada, H3C 3P8.
- By fax, to Centre d'histoire des régulations sociales, 514-987-7813.
Note: For more information on the Centre d'histoire des régulations sociales and on the conference, consult the Centre's website at http://www.unites.uqam.ca/chrs/. The conference program and related information will be posted on the site in the coming months.
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