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APPEL À CONTRIBUTIONS
Les relations complexes entre environnement, histoire du peuplement et relations interethniques au Burkina Faso constituent l'axe central de ce colloque interdisciplinaire. Les contributions issues entre autres de l'archéologie, de la botanique, de l'anthropologie, de la géographie et de l'histoire s'attacheront à analyser les influences mutuelles entre milieu naturel et structures socio-politiques, dans leurs dimensions historiques comme dans leurs formes contemporaines.
Les caractéristiques environnementales de la zone de savanes d'Afrique de l'Ouest ont influé de manières diverses sur la naissance et l'évolution des sociétés du Burkina Faso actuel. À l'inverse, le milieu naturel a été et est encore continuellement façonné et transformé par les activités multiples de ces sociétés. La région des savanes sahéliennes et soudaniennes apparaît ainsi sous la forme d'une mosaïque de paysages culturels produits par ces processus historiques de longue durée. Depuis quelques temps, la pression foncière résultant de la croissance démographique et les phénomènes d'origine anthropique de dégradation des sols et de la végétation tendent à restreindre les marges de manœuvre des paysans et des éleveurs. La compétition entre les différents groupes pour l'accès à des ressources rares et à des espaces de protection est toutefois depuis longtemps constitutive de l'histoire du peuplement, et les formes de concurrence ou de complémentarité entre les ressources ont modelé – et continuent de modeler – les relations interethniques.
L'histoire du Burkina Faso a de tous temps été marquée par la grande mobilité des populations. L'espace d'installation est quasiment illimité et les plus importantes formes économiques – élevage transhumant, agriculture itinérante et commerce – conditionnent de manières diverses l'ampleur des mouvements migratoires. De fait, rares sont les localités dans lesquelles aucun nouveau groupe d'immigrants ne s'est établi, au moins jusqu'au début du XXe siècle – et souvent jusqu'à aujourd'hui –, et desquelles aucun groupe de parenté ou individus n'a émigré. L'histoire du peuplement détermine aussi dans ses interactions avec l'environnement les relations interethniques. Les groupes ethniques actuels du Burkina Faso résultent de processus de construction communautaire intégrant le facteur de la mobilité: échange culturel, voire assimilation, et flexibilité linguistique ont été à beaucoup d'endroits plus déterminants que l'exaltation de la différence. Ce sont seulement les transformations du paysage politique induites par la colonisation qui ont conduit à un fréquent durcissement des frontières ethniques qui en retour a entraîné des transformations dans les modèles de mobilité, les processus d'installation et les droits fonciers, exerçant jusqu'à aujourd'hui leur influence dans les campagnes.
Ce colloque est conçu comme un forum où seront présentés et discutés résultats de recherches et réflexions méthodologiques relatives à la thématique esquissée ici et élaborée dans le cadre du partenariat entre l'Université J.W. Goethe de Francfort sur le Main et l'Université de Ouagadougou. Les contributions non issues de cette coopération scientifique mais explorant la même thématique sont naturellement les bienvenues.
Les personnes souhaitant présenter une contribution doivent faire parvenir avant le 31 mars 2001 un résumé de leur article (max. 200 mots, en anglais ou en français), avec le titre et le(s) nom(s) de(s) l'auteur(s) aux coordinateurs du colloque:
Dr. Claude Nurukyor Somda (Université de Ouagadougou, B.P. 7021, Ouagadougou, Burkina Faso.)
Dr. Richard Kuba (Goethe Universität Frankfurt/M, SFB 268, Liebigstr. 41, 60323 Frankfurt/M., R.F.A.)
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